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BRUNO PUTZULU>INTERVIEW>NOUVEL ALBUM>C’ÉTAIT QUAND

Oct 28, 2023 | chroniqueur, France, Mois, News, Nouvel album, Octobre, Thibaut Demeyer, Villerupt

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LE QUOTIDIEN ME FAIT PEUR !

Jury au Festival du Film italien de Villerupt aux côtés de Dominique Besnehard, Marie Jung et Anne Dominique Toussaint, Bruno Putzulu a accepté de nous accorder quelques instants entre deux films. Thibaut Demeyer et Brigitte Lepage.

C’est le modus operandi du Festival du Film italien de Villerupt de regrouper sur un week-end les films sélectionnés pour le jury officiel. Leur timing est dès lors très serré et chargé avec sept films à visionner. Néanmoins, Bruno Putzulu a trouvé le temps de nous accorder un peu de temps. Le temps de parler de son album « C’était quand » sorti en ce début d’année.

En 2007 sort l’album « Le cœur d’un homme » de Johnny Hallyday. Sur cet album se trouve la chanson « Ma vie » signée…Bruno Putzulu ! Comment est-ce que tu t’es retrouvé à écrire une chanson pour Johnny ?

On était des amis depuis longtemps. Un jour, après un repas dans son restaurant, vers les 2 heures du matin, alors qu’il ne restait plus que nous, on parlait. Il n’avait pas le moral. Quand on s’est quitté, il m’a dit « j’aimerais une chanson qui ressemblerait à notre conversation. » Cela m’a touché. En rentrant chez moi à pied, j’y ai repensé et j’ai écrit une chanson qui ressemblait à notre conversation.

Est-ce que c’est cette première expérience qui t’a donné envie d’écrire ton premier album en 2010 ?

Oui c’est cela ! Je me suis mis à écrire des chansons puis un jour, quand j’en ai eu assez, je me suis dit « tiens, pourquoi est-ce que je ne les chanterais pas ? »

Avant d’écrire pour Johnny et de composer ton premier album en 2010 « Drôle de monde », quel rapport avais-tu avec la musique ?

J’ai toujours écouté de la musique. Je me rappelle d’étés en Normandie où petit, je m’ennuyais, où je prenais les paroles qui étaient écrites sur les albums et je chantais en même temps que les chanteurs. Quand je suis rentré au Conservatoire national, j’aimais beaucoup la classe de chant.

(c) Brigitte Lepage

Ton second album, intitulé « C’était quand » relate la nostalgie du temps qui passe. Tu regrettes le temps passé ?

Oui, beaucoup. Comment ne pas regretter le temps qui passe ? Evidemment, je regrette le temps où mon père était vivant par exemple. Je regrette quand j’avais des amis qui étaient là et qui maintenant ont disparu. Comment ne pas regretter cela ? Il faudrait être une mécanique pour ne pas le regretter. Je sais aussi que le temps nous réserve des moments difficiles. Puis à un moment, quand on est jeune, on y pense pour les autres ; puis on y pense pour soi, on se sent vieillir. En tant que comédien, quelque fois, en regardant un film, je me dis « tiens on ne m’a pas proposé cela, j’aimerais bien ». Tout d’un coup, j’ai un recul et je me dis « mais tu n’as plus l’âge ! ». Cependant, dans ma tête, j’ai toujours l’âge que j’avais quand j’ai joué dans « L’appât » (ndlr : de Bertrand Tavernier). Puis, il y a peu, j’ai rencontré ma copine du conservatoire. On s’est revu, par hasard, et elle me raconte qu’elle joue le rôle d’une grand-mère. Dans un premier temps, cela m’a surpris puis elle m’a dit « ben oui, toi aussi, tu peux jouer le rôle d’un grand-père » !

Quand tu étais jeune, allusion à ta chanson « Ma jeunesse » de quoi rêvais-tu ? Déjà de théâtre, cinéma et même de chansons ?

Je rêvais de devenir un footballeur professionnel. En fait, le métier de comédien est venu parce que mon frère faisait du théâtre et comme je suis issu d’une famille modeste, pour la première fois, je suis allé au théâtre avec mes parents et mon autre frère pour voir Mario sur scène. A ce moment-là, j’ai eu un éblouissement. Cela m’a touché de voir mon frère jouer. Je me suis alors dit « on peut en faire un métier ? »

Bruno Putzulu - (c) Brigitte Lepage

Vieillir te fait peur ?

Enormément !

Mais peur de quoi ? D’une certaine manière, vieillir est un privilège…

Oui mais ça dépend. J’ai vu mon père mourir. Il avait 90 ans. Je l’ai accompagné dans Alzheimer pendant cinq ans. C’était terrible. C’est aussi le quotidien qui me fait peur dans le temps qui passe. Quand on dit « action » ou que l’on est sur scène, que l’on soit jeune ou vieux, on est projeté dans quelque chose d’autre que sa vie. Donc on vit ce qu’il y a à jouer. Mais dans son quotidien, c’est une autre paire de manche. Quand j’allais voir Philippe Noiret qui était sur son lit, qu’il ne pouvait plus bouger, ce n’était pas la scène ou le plateau, c’était sa vie.

Quel regard portes-tu sur la société actuelle et qu’est-ce qui te fait peur par rapport au futur ?

Ce qui me fait peur, c’est l’intelligence artificielle. Pour la médecine, c’est sûrement formidable mais il faudrait limiter les choses. Pour les comédiens, c’est différent. Par exemple, il y a des gens qui vivent grâce à la synchronisation. Bientôt, ils seront remplacés par la machine que l’on ne devra pas payer. Cela va paraître bête mais lorsque le téléphone portable est apparu, le monde a commencé à changer beaucoup, Internet, les réseaux sociaux, tout cela me fait peur.

Tu es quelqu’un de pudique et discret notamment sur ta vie privée. Pourtant « Je n’aurai pas d’enfants » est une chanson très intime. Cette chanson, je l’ai écrite il y a dix ans. Pour moi, c’était juste comme une question. Ce qui est drôle, c’est que quand je l’ai écrite, elle ne m’affectait vraiment pas puisque je parlais d’un autre. Et quand je la chante maintenant, elle me touche beaucoup parce qu’elle parle de moi aujourd’hui. C’est dingue ! Je me dis quelque fois j’espère que je ne le regretterai pas. Si ma compagne m’avait dit un jour « je veux un enfant », sûrement que nous en aurions eu un. Mais ce n’est pas quelqu’un qui m’a parlé en ces termes. Il y a aussi certainement en moi une certaine partie de peur d’avoir un petit être comme ça. Dans ce monde, qu’est-ce qu’il va devenir ?

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